1981. Je suis en CM2. Avec mes copines Laurence Counil et Marie Josée Rodriguez on glousse en chantant "Gaby je t'ai
déjà dit que t'es bien plus belle que Mauricette, qu'est belle comme un pétard qu'attend plus qu'une allumette", en traînant des pieds sur le chemin du stade Léo Lagrange. En traînant des pieds
parce que cette année là le cours de sport est un vrai calvaire. Je me suis imaginée que j'avais les bras couverts de poils et jamais (JAMAIS!)je ne mets de manches courtes. Et forcément pendant
le cours de sport je meurs de chaud. Mais je ris avec "Gaby" et ces paroles qu'on ne comprend pas vraiment.
2002. Le 29 mai, je vais voir "La Mouette" de Tchekhov au Théâtre des Bouffes du Nord. Sur le chemin qui m'amène du métro au théâtre j'écoute "Fantaisie militaire" dans mon walkman, en allant
rejoindre un autre Gaby, Gabe Levine. Et entre le moment où je l'aperçois de loin et celui où nos sourires se rejoignent, "la nuit je mens, je prends des trains à travers les plaines, la nuit je
mens je m'en lave les mains". Et depuis, cette chanson me renvoie toujours à ce moment là. Alors, forcément ces derniers jours je suis toute blou-blou. J'ai ressorti mon walkman. Et c'est un
autre Gaby, Gabe, Gabriel, que je vous mets dans les oreilles.
Sackville - the principles of science
J'ai eu des milliers d'autres moments, et il y en aura encore d'autres, mais avec la disparition
d'Alain Bashung ce sont ceux là qui résonnent en moi. "J'ai dans la tête des montagnes de questions, où subsistent encore ton écho..."
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enjoliveuse de vie quotidienne en général, et de mobilier en particulier, voilà comment je m'envisage. Ici, je présente mon travail, mes enthousiasmes, mes projets, la vie l'amour les vaches