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la complainte de la travailleuse à domicile

Publié le par anne au pays des girafes

Il m'est arrivé de regretter de ne plus avoir d'atelier. Travailler chez soi c'est un peu compliqué, il n'y a pas de frontière nette entre les temps de travail et les temps de repos, mon salon ressemble rarement à un salon mais plutôt à un champ de bataille, les poils de chats sont incompatibles avec un beau vernis. Mais au mois de janvier j'ai fait l'expérience de travailler chez un client, et si au départ l'idée m'avait semblée intéressante, il s'est avéré que ma manière de travailler (dont je n'étais pas vraiment consciente jusqu'alors!) ne s'y prête pas du tout. Avant tout les clients étaient des potes, Aude et Fabien, auprès de qui je m'excuse à l'avance si cet article ressemble à une longue liste de récriminations. Après tout ça n'a pas été si épouvantable, mais c'est plus rigolo à raconter comme ça.

Au départ il y a deux cas de figures: je trouve un meuble ou bien un client possède un meuble sur lequel il voudrait que j'intervienne.

Quand je trouve un meuble, je le regarde, je tourne autour, je le renifle. Quelquefois c'est évident, quelquefois ça prend des mois. Voire des années pour l'un d'entre eux qui traine toujours dans ma chambre... Mais à un moment je sais exactement ce que je vais faire, et je le fais, c'est aussi simple que ça.

Pour le meuble qui m'est apporté, il y a encore deux cas de figure: le client m'indique ce qu'il préfère dans mes travaux précédents, sans forcément me demander de le reproduire à l'identique mais ça me donne une indication claire sur les goûts de la personne. Ensuite je passe de nouveau par la phase "regarder, tourner autour, renifler" mais j'ai déjà une direction de travail et là encore c'est assez simple.

Mais il y a aussi le "j'adore ce que vous faites, faites ce que vous voulez" qui pour moi est une source d'angoisses terribles parce que ça ne peut pas être vrai, ils ne peuvent pas adorer TOUT ce que je fais, ils ont forcément des préférences. Et au moment de la livraison j'ai presque toujours "oh, je croyais que vous alliez faire plutôt comme ça"... et ça n'est jamais agréable de ne pas atteindre la cible.Mais heureusement Aude savait exactement ce qu'elle préférait!! Ouf, j'avais eu chaud! Quant à Fabien, ben... il était d'accord! 

travail-4665.JPG

Donc le choix de Aude c'était de transformer le meuble ci-dessus, inspiré par ça. Excellent choix, me direz vous. Dans une palette différente, mais de toute façon il y avait là la promesse d'un bon millier de petits ronds à déchirer.

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Ce que j'ai fait allègrement, un peu partout, jusqu'à en avoir le bout des doigts douloureux, parce qu'il me fallait suffisamment de ronds pour pouvoir être efficace à ma 1ère séance de travail. Donc, avant même ma 1ère visite chez Aude j'avais passé 3 ou 4 heures à déchiqueter du papier... et ça s'est ensuite révélé insuffisant!

Lorsque je suis enfin arrivée chez Aude, c'était tout nouveau pour moi de me dire "tu bosses de 14h à 19h", ça me plaisait bien, j'allais enfin pouvoir évaluer mon temps de travail réel. J'avais déjà oublié que le travail avait déjà commencé, même s'il ne s'agissait que de déchirer des ronds j'y avais consacré plusieurs heures! Premier obstacle, le meuble était toujours plein, et collé au mur. Indéplaçable (et oui, j'ai toujours deux hernies discales...). Je m'assieds donc par terre, prépare le matériel et commence à poser les papiers. Très vite j'ai mal partout. À peu près aussi vite je réalise quel avantage c'est de travailler habituellement au 6ème étage avec double exposition: ce qui n'était hélas pas le cas là bas, à 15h il faisait pratiquement nuit. Mais je continue, je dispose, je colle, j'applique, je vitrifie. À 19h je dois me résigner: je n'ai plus de ronds de papier d'avance (si, il me reste une tonne de violet foncé! Malheureusement ça n'est pas la couleur dominante) et je n'ai fait qu'un côté et un petit bout de l'autre. Et après 5h à coller des ronds je me sens physiquement très très tendue, il y a un petit côté obsessionnel à coller des ronds pendant 5h...

Voilà, je crois que j'y suis allée 5 fois, sur une période supérieure à un mois. Quand j'ai calculé le tarif horaire (le prix avait été fixé à l'avance, encore une évaluation très pertinente de ma part) je suis arrivée à la modique somme de 4€ de l'heure. Dans le même temps, le contenu du meuble est resté entassé dans la pièce le temps que je termine, envahissant pendant plusieurs semaines l'espace d'Aude et Fabien. Et, enfin, comme il y a très peu de lumière naturelle chez eux, je n'ai pas de photos correctes de mon travail. celles que je publie ici ne font pas du tout honneur au travail effectué et ça me désole

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travail 4830 copyCe qui ne m'empêche pas d'en mettre plein... Bon, il y a aussi eu plein de trucs rigolos, Aude me préparait un en-cas d'avant cours d'impro pendant que je finissais de travailler, pendant que Fabien travaillait ses instruments (pour en savoir plus c'est ici) puis finissait toujours par être en retard pour ici ou ailleurs, c'était chouette d'avoir de la compagnie pendant que je bossais.

Mais finalement, travailler chez moi c'est formidable. Maintenant je le sais sans aucun doute. Quand j'aurai fini cet article il sera près de minuit, et je passerai ensuite une heure sur une coiffeuse que j'ai presque terminée. Juste pour fignoler un détail que j'ai observé dans la journée. Pendant que ça sèchera je me ferai un thé, je lirai un peu, j'interviendrai peut être encore, de manière chirurgicale. Chez moi j'ai le temps. C'est inestimable.

Publié dans création

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aux origines

Publié le par anne au pays des girafes

Pendant des années je suis passée devant cette fenêtre. Le motif décoratif est simple, mais la semaine dernière je suis retournée à l'île d'Oleron et pour la 1ère fois je l'ai vraiment remarqué. Avec une vague sensation de déjà-vu...  Il semblerait que ce motif récurrent dans mon travail soit issu des ruelles de mon enfance!

travail-0954.JPGf-vrier-016double-copy.jpg

J'ai très peu publié cette année, alors que je n'ai pas cessé de travailler. Mais j'ai eu beaucoup de mal à récupérer de bonnes photos de mes productions du dernier semestre. Tant pis, je reviendrai dessus si un jour j'obtiens de bonnes images.

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